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Historique

Le Prélude - Les débuts du 101- Vingt ans d'évolution et de maturation - La résidence du 101 - Solidarité Jeunesse
Les fins de semaines de discernement - Les soirées des jeudis - Taizé - Vers l'avenir

Quand les sœurs de Sainte-Marie sont arrivées au 101 de la rue Parent il y a plus de vingt-cinq ans, elles ne se doutaient probablement pas que leur présence en ce lieu allait rendre l’adresse célèbre… En effet, les nombreux jeunes qui ont franchi le seuil de la maison à un moment ou l’autre l’ont baptisée tout simplement « le 101 ».

Heureux hasard : n’est-ce pas là le lieu où nombre d’entre eux ont pu trouver un sens à leurs cours universitaires de « math 101 » ou « sociologie 101 », en venant les compléter d’une formation non créditée (mais tout aussi importante) de connaissance de soi 101, partage 101, solidarité 101, spiritualité 101, vie 101 ?!

Et pourtant, la belle histoire du fameux 101 ne commence pas avec la rue Parent. Elle plonge ses racines beaucoup plus profondément dans les événements et le contexte social, politique, économique et religieux de l’Ontario francophone depuis les quarante dernières années. Cette section-ci du site tente d’en comprendre l’émergence et l’évolution.


Le prélude

Faisons tout d’abord un saut dans le temps et revenons aux années 1950-1960. À cette époque, la majorité des congrégations religieuses francophones présentes à Ottawa avaient leur propre école secondaire, chacune dans un secteur particulier de la ville. Chez les filles, la plupart de ces écoles prenaient en plus une certaine proportion de pensionnaires.

Or vers la fin des années ’60, la décision du gouvernement de l'Ontario de permettre l'existence d'écoles secondaires publiques francophones, jumellée à l’exode en masse des religieux(ses), le peu d’entrées et les contraintes d’ordre financier firent en sorte que ces mêmes congrégations n’eurent plus la possibilité de continuer à tenir leurs écoles.

C’est ainsi qu’à partir de 1968 et ce jusqu’au début des années ’70, le nouveau conseil scolaire public francophone a petit à petit acheté ces écoles, ou encore les a intégrées dans d’autres locaux déjà existants. L’école Notre-Dame-du-Bon-Conseil tenue par les Sœurs de Sainte-Marie dans l’ouest de la ville a été dissoute. Les élèves et le corps professoral ont tous été transférés à l’École Secondaire Champlain. Une douzaine de sœurs étaient impliquées dans ce déménagement.

Surgit alors une question au sein des congrégations : comment continuer à faire connaître le Christ aux jeunes, maintenant que nos membres sont moins nombreux et que la formation chrétienne a été retirée des écoles ? C’est ainsi que naquit l’idée d’ouvrir des résidences pour jeunes universitaires dans lesquelles il serait possible pour ces jeunes de participer à un projet de vie chrétienne et de croissance dans la foi.

Les débuts du 101

Les sœurs de Sainte-Marie furent peut-être les dernières des congrégations de la région à ouvrir une résidence pour étudiantes. Puisqu’elles n’avaient pas d’édifice propre à entreprendre un projet du genre, ni d’argent pour en acheter, elles louèrent en 1979 un petit appartement rue Stewart où trois sœurs et une jeune fille s’installèrent pour une année. L’entreprise était intentionnellement petite afin de prendre le temps d’examiner les besoins.

L’année suivante, en septembre 1980, elles ont tenté la même expérience, mais cette fois avec deux filles et dans une de leurs maisons située rue Nolan, dans l’ouest de la ville. Elles ont souhaité aussi rendre l’endroit disponible pour différentes activités pour les jeunes mais se sont vite rendues à l’évidence que l’emplacement était beaucoup trop loin du centre-ville.

En 1981 elles déménagèrent donc à nouveau, cette fois dans un autre appartement loué sur la rue Bruyère, où vécurent ensemble deux jeunes filles et trois sœurs, dont sœur Claudette Brunet fraîchement arrivée du nord de l’Ontario. Étant donné que cette dernière n’était pas employée à l’extérieur, elle put à loisir chercher à rejoindre les jeunes pour leur offrir de participer à différentes activités.

Elle commença par des fins de semaines de prière, puis des fins de semaines de discernement en lien avec le service diocésain de pastorale vocationnelle. Petit à petit, les sœurs commencèrent à inviter une douzaine de jeunes dans le petit salon les jeudis soirs pour un partage d’Évangile et l’eucharistie (alors présidée habituellement par Jean-Marie Côté, Rédemptoriste ).

En 1982, pas de changement de lieu, mais un projet d’envergure s’ajoute : c’est au cours de cette année là que quatre jeunes filles et deux sœurs commencèrent à suivre une formation donnée par l’Entraide Missionnaire de Montréal en vue de vivre, au cours de l’été suivant, une expérience dans un pays du Tiers-monde.

Il fut décidé en cours de route qu’elles partiraient en République Dominicaine, aidées par le Plan Nagua. Leur séjour là-bas s’avéra être une exploration des lieux et une occasion de se bâtir un réseau de contacts, puisqu’elles ne connaissaient personne au départ. Ce fut le début de Solidarité Jeunesse.

Or au cours de cette même année (82-83), l’édifice situé au 101 Parent et appartenant au diocèse d’Ottawa était pratiquement déserté.  Il ne servait plus qu’à quelques rencontres du R3 (auxquelles participait une des sœurs) et de logis pour une famille qui prévoyait quitter. L’administration diocésaine comptait donc le démolir.

L’apprenant, quelques sœurs sont allées rendre visite à l’archevêque, Mgr Plourde, pour lui faire part de quelques idées concernant cet édifice. Ce dernier fut ravi du projet d’en faire un centre et une résidence pour les jeunes et accepta de le faire rénover pour que les sœurs puissent le louer dès l’été de 1983. À l’époque, l’administrateur diocésain se nommait l’abbé Tessier et c’est auprès de lui que furent proposées les modifications à apporter à la maison. Ce dernier approuva toutes les demandes des sœurs. Mais devant l’ampleur des travaux, il s’exclama : « j’espère que ce projet durera plus que deux ou trois ans ! »

Ainsi, les quelques petites initiatives commencées ailleurs trouvaient dans la vieille maison de la rue Parent un lieu où prendre de l’espace, grandir et s’épanouir.

Aujourd’hui, le 101 Parent (officiellement le Centre des Jeunes) est devenu le pied à terre de beaucoup de groupes et de projets qui y ont pris racine grâce à la polyvalence et à l’atmosphère familiale des lieux, et également grâce à l’équipe de sœurs qui y ont toujours assuré une présence et un soutien permanents.

 

Vingt ans d'évolutions et de maturations


La résidence du 101 Parent

Souvenons-nous que l’intuition de départ, surgie à la fin des années ’70 chez les communautés religieuses, était celle d’ouvrir des résidences pour jeunes universitaires où, au-delà de la chambre et de la pension, on y trouverait un projet de croissance humaine et spirituelle. Ces maisons ont eu assez bien de succès dans les débuts. Mais aucune n’a été épargnée par la vague de sécularisation qui a pénétré toujours plus profondément dans la culture de nos contemporains. Petit à petit, ces résidences sont devenues de simples chambres à louer, sans projet chrétien. En effet, les candidates intéressées se faisaient de plus en plus rares, et l’investissement de temps de préparation et d’accompagnement était devenu trop lourd pour des communautés souvent vieillissantes. Déjà au début des années ’90, le 101 est resté la seule résidence où l’aspect chrétien est demeuré comme faisant partie du programme (du moins chez les filles). 

Ceci dit, le projet chrétien concernant les résidentes au 101 Parent (elles ont habituellement été six filles et quatre sœurs) a dû, pour demeurer signifiant, s’adapter et modifier ses exigences. Par exemple, en 1983, les filles participaient à la prière commune matin et soir tous les jours (sauf le samedi), elles étaient présentes à toutes les soirées des jeudis, à la réunion du dimanche soir et suivaient, un soir par semaine, un cours sur les psaumes.

Plusieurs d’entre elles étaient issues de familles dont les parents étaient fort impliqués dans des mouvements qui grouillaient de vie à l’époque (Cursillo, Renouveau charismatique, etc.), elles savaient souvent d’expérience qu’un engagement chrétien peut être exigeant et s’y prêtaient volontiers.

Mais au fil des ans, la volonté de la part des jeunes de vivre un projet chrétien a évolué.  De nos jours, on trouve souvent chez les étudiantes une belle ouverture au christianisme qui est déjà très bonne en soi et elle permet de faire un bon bout de chemin.

Mais les exigences d'autrefois étaient devenues lourdes et étrangères à la nouvelle génération, ce qui fait qu’aujourd’hui, les filles participent en général au partage des tâches, au repas du soir en commun, à la prière du soir les lundis, mardis et mercredis, à la conférence du jeudi et à la réunion-partage du dimanche qui a lieu environ une semaine sur deux.

 

Solidarité Jeunesse

Le premier groupe à partir pour la République Dominicaine l’a fait au cours de l’été 1983. Suite à cette expérience, un contact particulier s’est établi entre les sœurs et un certain Padre Luis Quinn, un missionnaire canadien de Toronto (Scarborough Mission) établi dans une ville entourée de montagnes : San José de Ocoa.

Ce dernier tentait, grâce à la coopérative qu’il avait fondée et l’aide de nombreux partenaires canadiens et étrangers, de donner de meilleures conditions de vie aux paysans des montagnes avoisinantes : constructions d’écoles, de routes, d’aqueducs, de cliniques, de maisons, irrigation des terres, reboisement… il a voulu ne rien négliger. C’est auprès de cette coopérative que le projet a pu en devenir un de travail et de collaboration.

Dès la seconde année, les sœurs ont cherché à former les jeunes sur place à Ottawa plutôt qu’à Montréal. Les cours offerts par l’Entraide missionnaire étaient en effet très coûteux. Une collaboration s’est alors initiée entre le 101 et plusieurs professeurs de l’Université Saint-Paul.

Trois ans plus tard, en 1986, la Congrégation a choisi d’ouvrir elle-même une maison en République Dominicaine afin de faciliter l’accueil d’éventuels groupes là-bas. C’est ainsi que Solidarité Jeunesse est passé de 4 participants à 8, à 12, puis 15.

En 1996, l’équipe d’organisation fit paraître un article dans le journal des étudiants de l’Université du Québec à Hull. En quelques semaines, le nombre d’appels de personnes intéressées au projet devint si grand qu’il fallut songer à former un deuxième groupe. Aujourd'hui, ils sont environ 32 jeunes chaque année à participer à l’expérience, 17 en mai-juin et 15 en juillet.

 

Les fins de semaines de discernement

Les fins de semaines de discernement débutées en 1983-1984 ont continué quelques années puis ont éventuellement cédé la place à des sessions de silence et d’intériorité

données par Alain Dumont. Ces sessions bi-annuelles rassemblent à chaque fois une quarantaine de jeunes adultes (un peu plus vieux, disons 25-40 ans).



Les soirées des jeudis

Étant donné qu’en déménageant sur la rue Parent l’espace devenait soudainement beaucoup plus grand que dans les appartements précédents, l’invitation à l’humble eucharistie du jeudi soir put s’étendre à beaucoup plus de jeunes.

Le nombre grimpa à 25-30 en 1983 et ne cessa d’augmenter depuis, d’année en année pour atteindre aujourd’hui en moyenne 60-70 jeunes (quelques soirées très populaires peuvent aller jusqu’à 90 ; au souper de Noël annuel cette année, plus de 180 personnes ont été servies). Il faut dire que toutes les autres activités qui ont pris forme avec le temps ont élargi considérablement le cercle des amis du 101 et ont fini par grossir la rencontre hebdomadaire. Assez tôt, le partage d’Évangile devint plutôt une rencontre avec thème, animée par un prêtre connu du Centre.

Puis on commença à inviter aussi, de temps en temps, des personnes compétentes venant de l’extérieur pour présenter un sujet davantage spécialisé, mais la célébration de l’eucharistie, elle, est toujours restée.




Taizé

La grande salle du 101 se prêtait bien à des petits groupes. Peu de temps après l’arrivée des sœurs, quelques jeunes (on parle ici de 10 ou 12) qui avaient un lien avec Taizé ont demandé de pouvoir l’utiliser pour des rencontres occasionnelles de prière (surtout à l’occasion de la semaine de l’unité). S. Claudette fut ravie de leur rendre ce service, puisque elle-même avait été à Taizé auparavant (une fois avec un groupe de jeunes de Timmins en 1974, puis seule ou avec quelques sœurs lors de séjours en Europe à l’occasion des chapitres généraux nombreux à l’époque).

En 1990, l’idée refit surface de préparer un groupe de jeunes pour Taizé, dans le cadre d’un échange international de jeunes organisé par des sœurs de Sainte-Marie d’un peu partout dans le monde.

À partir de 1994, des groupes de jeunes ont été formés à tous les ans pour aller à Taizé. Ces voyages ont eu l’énorme avantage de motiver beaucoup de personnes à continuer de prier avec les chants de Taizé ici à Ottawa. En 1997, les prières occasionnelles devinrent mensuelles et la salle finit par devenir trop petite pour le décor et les jeunes. Quand un frère de Taizé venait visiter et participer à la prière, il fallait aller dans l’une des salles de la paroisse Sacré-Cœur (la paroisse universitaire), faute de place.

Plusieurs ont suggéré de faire les rencontres de Taizé de manière régulière dans cette salle, mais l’investissement de temps pour déménager à chaque fois tout le matériel était trop onéreux pour la communauté.

Or en 2001, un généreux don a permis de faire l’achat d’une quantité impressionnante d’accessoires de décoration (bougies, briques, rideaux, icônes, etc.) qui resteraient entreposées en permanence à Sacré-Cœur, réglant le problème du déménagement. La même année, s’est jointe à la communauté du 101 une jeune sœur musicienne qui a pu assurer un certain niveau dans la qualité du chant. L’espace suffisant et la beauté de la prière ont causé une explosion du nombre de participants de tous âges : de 60 à presque 200 en à peine 3 ans.

Le même petit groupe d’organisation assure aussi, depuis 2002, une deuxième prière mensuelle à l’université Saint-Paul qui rassemble maintenant une quarantaine de personnes.  C'est également à l'université Saint-Paul que les jeunes accueillent certaines années la visite d'un frère de la communauté qui vient animer une fin de semaine de Taizé, avec prières, enseignements, partages et ateliers.

Vers l'avenir

En septembre 2004, pour la première fois, le Centre a engagé (à salaire) trois jeunes étudiantes à raison de quelques heures par semaine pour donner un coup de main à l’accueil et à des tâches d’administration. Leur aide a fait une grosse différence et a permis une gestion paisible de nombreuses activités qui incombaient autrefois aux sœurs. Cette option n’aurait pas été pensable il y a quelques années à cause d’un budget très réduit, mais maintenant que l’œuvre est de plus en plus connue, des dons individuels arrivent parfois de manière inattendue et peuvent servir à cette fin. L’équipe compte bien continuer en ce sens.

En envisageant les vingt prochaines années et s’arrêtant pour prendre conscience jusqu’à quel point le 101 répond à un besoin chez les jeunes, cela donne une énergie nouvelle pour continuer, peu importe la forme que prendra cette œuvre dans l’avenir. Il y a là toute une richesse d’expérience et de patient travail sur le terrain, d'où il est possible de puiser sagesse et élan, avec la conviction qu’une personne ou une toute petite communauté peut faire une grande différence.

 

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